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Pourquoi entretenir vos suspensions VTT ?

Publié le 05/01/2018 // par boris_the_blade

Comme on l'a vu dans un précédent article, le fonctionnement d'une suspension VTT est complexe et son rôle est capital pour le bon équilibre, le confort et la performance de votre bike. Partant de là, on se doute que la suspension, qu'elle soit une fourche ou un amortisseur, nécessite un minimum d'entretien et de maintenance pour fonctionner de manière optimale et durer dans le temps.

Pour se rencarder sur le sujet, on a posé quelques questions à Xavier de Pro Bike Support, une boutique en ligne spécialisée dans l'entretien des suspensions (des freins et des tiges de selle télescopiques aussi) et la vente de pièces détachées. On a eu l'occasion de lui confier à plusieurs reprises nos suspensions ces dernières années et nous avons toujours été satisfaits du résultat.

Vois-tu beaucoup de suspensions endommagées suite à une défaut d'entretien ?

Sur ma clientèle, je dirais qu’un quart des fourches que je démonte présentent des problèmes liés à un manque d’entretien, et environ 10% des amortisseurs. Les différents problèmes dû à un manque d’entretien sont: joints Spi HS, manque d’huile de laminage ou perte des qualités de l’huile de laminage joints air HS. Je vois aussi pas mal d’autres problèmes pas forcément dû au manque d’entretien: impacts sur les plongeurs / corps d’amortisseur liés aux transports ou à des chutes molettes de réglage de compression ou détente bloquées à cause d’utilisation des réglages extrêmes.

Quels sont les dégâts pour les suspensions ?

Souvent, ce sont simplement les joints Spi qui n’ont pas été changés dans les temps et qui engendrent les problèmes suivant: Pour les fourches haut de gamme, le problème principal est l’usure prématurée des plongeurs. Cette usure est due à l’huile de lubrification et aux joints mousses qui s'imprègnent de saletés et qui poncent les plongeurs. Vous trouverez des exemples de fourches endommagées dans les articles du blog de Pro Bike Support.

En effet, les fourches haut de gamme dispose d’un seul joint à lèvre (faisant office de joint Spi et de joint cache poussière) afin de limiter les frottements et d’améliorer la sensibilité petit choc. Par contre, cela entraîne plus d’entretien. Le revêtement de surface peut disparaître, mais parfois cela va jusqu’à attaquer l’alu des plongeurs et l’on voit nettement apparaître les traces des bagues de guidage. Cela entraîne plus de frottements donc une baisse de la sensibilité de la fourche sur les petits chocs.

Des joints à lèvre n’assurant plus l’étanchéité peuvent aussi entraîner une perte importante d’huile. Cela a pour conséquence de diminuer la plage de réglages de la compression et/ou de la détente ou d’avoir un ”trou” au niveau de l’hydraulique.

Des joints d’air ou un obus de valve hors d’usage entraînent des pertes d’air entraînant le changement du réglage de SAG.

Une huile de laminage perd ses qualités au fil du temps à cause de l’action de laminage (passage de l’huile dans les lumières des vis pointeau ou clapets). Une huile de laminage usée ne permet plus un bon maintien hydraulique des suspensions, les plages de réglage de la compression et détente sont décalées et/ou réduites. On roule donc plus sur le ressort que sur l’hydraulique.

A quelle fréquence la plupart des riders réalisent ils leur entretien par rapport aux préconisation constructeur ?

Pour ma clientèle, je dirai que la quasi-totalité ne respectent pas les préconisations constructeurs. En effet, le changement de l’huile de lubrification sur les fourches ou les amorto est préconisé toutes les 25 à 50 heures en fonction des marques. Et à part les personnes qui réalisent eux-mêmes leur entretien, personne ne respecte ce délai. Et je le comprends au regard des coûts engendrés. Pour l’entretien complet (comprenant le changement de l’huile de laminage et des joints) qui est préconisé toutes les 100 à 150H ou au minimum 1 fois par an, un peu moins de la moitié de mes clients respectent ce délai. Pour résumer, je dirai que :

  • 25% des riders entretiennent leur fourche 1x/an ou plus,
  • 25% des riders entretiennent leur fourche tous les 2 ans,
  • 25% des riders entretiennent leur fourche quand ils ont une fuite ou un problème,
  • 25% des riders entretiennent leur fourche quand on leur apprend qu’une suspension s’entretient.

Les amortisseurs sont beaucoup moins entretenus que les fourches.

Quels intérêts vois tu à la préparation des suspensions et quelles conséquences cela entraîne sur l'entretien / la durabilité des suspensions ?

Je pense que pour la plupart des pilotes, la préparation des suspensions n’est pas pertinente car je remarque continuellement un manque de connaissances dans le réglage des suspensions. Je dirais que la moitié des personnes ne sont pas capables de ressentir, puis retranscrire correctement leurs sensations au niveau des suspensions. Et si la personne a un feeling, est-ce bien dû aux suspensions? car différentes notions entrent dans la sensation de confort, de la filtration des petits chocs: pression et carcasses des pneus; cintre - cadre ou roues carbones trop rigides... (ndlr : si vous faîtes partie de ceux qui galèrent avec les réglages, l'outil de télémétrie Quarq Shockwiz peut vous changer la vie)

Je parle de l’ensemble des VTTistes, pas que ceux qui s’intéressent aux blogs et aux matos. Et quand bien même, j’ai plusieurs exemples de bons pilotes qui n’ont pas senti de différence majeure. Certains ont par contre, radicalement changé le comportement d’une fourche ou d’un amortisseur, ne permettant plus d’accorder correctement l’ensemble.

Je pense qu’un entretien régulier en utilisant des huiles de qualité, des graisses basses frictions et des joints d’origine ou basses frictions (ex. marque SKF) permet déjà de répondre à bon nombre de demandes car cela permet d’améliorer le seuil de déclenchement de la fourche. La sensibilité sur les petits chocs étant le principal ressenti des riders, puisqu’il peut se vérifier en statique.

Après je ne dis pas que la préparation des suspensions est une mauvaise chose, mais cela se limite à très peu de pilotes: coureurs DH/enduro, pilotes très lourds ou très légers. Le changement de setting doit être fait lors d’une phase de testing pour valider ses choix sur le terrain. Sur les fourches, je préconise plutôt de changer les cartouches hydrauliques par des modèles développées par CR Conception, Fast Suspension ou Novyparts... Cela permet d’améliorer sensiblement les performances de sa fourche sans tomber dans des extrêmes. Ses constructeurs ont définis les faiblesses des cartouches d’origine et ont développé leur système pour améliorer les châssis. Elles conviennent souvent au plus grand nombre.

Pour ce qui est des conséquences sur l’entretien et la durabilité des suspension, si l’on modifie sa fourche en changeant de cartouche, il faut se référer au préconisation du constructeur de la cartouche hydraulique: fréquence d’entretien, viscosité et volume d’’huile peuvent être différents de l’origine. Pour des changements de settings au niveau des pistons de compression et/ou détente, il peut être nécessaire d’entretenir plus fréquemment si on a opté pour un réglage plus chargé en hydraulique. En effet, l’huile de laminage est plus sollicitée donc elle s’usera plus vite. De plus, en cas de changement de cartouche, en théorie, on perd la garantie constructeur, mais dans les faits, je n’ai pas encore rencontré de refus de SAV.

Bref, en conclusion, entretenez vos fourches !

 

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